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Literature:
 
Page number:226 
Remarks (public):En 1945, nous avons isolé une forme petite de cette espèce de la vraie delica sous le nom de delicula Romagn. (récolte type 19-1X-1944,. fig. 58), mais il nous apparait aujourd'hui qu'il faut lui appliquer, ainsi qu'aux formes majeures, le nom de chloroides Kromb., car ni la taille, ni la sporée un peu plus crème ne peuvent servir de base solide pour la spécification : sur le second point notamment, nous avons observé des variations assez anarchiques de l'intensité dans la coloration sporale dans tout le groupe delica sans que nous ayons pu déceler d'autres différences concomitantes. Même observation pour les colorations vertes du haut du pied ou des lames jeunes. Les spores, toutefois, ont des épines moins volumineuses, mais nous n'osons fonder une séparation, même variétale, sur ce caractère.
La figure de Krombholz, par sa silhouette, s'accorde bien avec notre espèce ; cependant, comme l'auteur allemand classe son champignon parmi les Lactaires et signale la présence d'un latex, notre excellent confrère R.L. Shaffer juge préférable de renoncer à ce nom en faveur de R. brevipes Peck ; c'est d'ailleurs à sa var. acrior Shaffer que les formes européennes doivent être rapportées, car, au moins dans les lames, la saveur nous a semblé constamment âcre. Nous ne croyons pas devoir suivre notre ami américain, car le latex dont il s'agit, qui est noté par Krombholz comme hyalin, doit s'appliquer en fait au liquide que les lames suintent par temps humides sous la forme de gouttelettes, liquide qui a inspiré à Bataille le nom de Plorantinae pour cette section.
Quélet devait avoir fait la même remarque que R. Shaffer, puisqu'il paraît bien avoir redécrit notre chloroides sous le nom de var. glaucophylla.
Des récoltes auxquelles s'applique exactement la figure de Krombholz par leur chapeau profondément infundibuliforme, nous ont montré une réaction rouge sale au FeSO4, assez rapide et plus vive que la réaction rose orangée que nous lui avons comparée sur d'autres Delicinae récoltées en même temps. Mais sur d'autres récoltes, pourtant impossibles à rapprocher de delica par l'ensemble de leurs caractères et leurs spores, la réaction s'est montrée banale, rose orangé mais plus vive. Le port de ces récoltes était moins remarquable, évidemment, et il se peut que nous confondions encore sous le nom de chloroides deux espèces ou variétés différentes (chloroides et delicula ?), mais nous ne sommes pas encore en mesure de l'affirmer présentement. Nous nous bornons à signaler le fait à l'attention des mycologues.
 
Description type:Non-original description 
Description:Russula chloroides Krombholz var. chloroides (Fig. 49-55 et 58)
Chapeau 4,5-13 cm, épais, dur, d'abord convexe-surbaissé, puis toujours nettement et même souvent profondément creusé au centre et de silhouette infundibuliforme ou cyathiforme (la dépression peut être très profonde, conique, étroite dans le fond), avec la marge d'abord obtuse et enroulée-abrupte, puis aiguë et déployée, fréquemment irrégulière ou lobée, blanc pur au début, puis souvent teinté de jaunâtre, de citrin ivoire (par exemple K 153 C), de jaune roussâtre (souvent nettement envahi de jaune), avec parfois aussi des taches rousses, plus foncées; cuticule peu dis­tincte, d'abord finement feutrée à la loupe sur le frais, puis satinée et même micacée-luisante, un peu rayée de courtes rugosités radiales, moins apparentes que chez delica.
Stipe souvent relativement assez svelte (1,5)-3-5-(9) x 1-3 cm, cylindrique, souvent atténué cependant et coudé en bas, et devenant évasé en haut, dur, plein, blanc, puis sali de grisâtre, de brun, de brun jaunâtre, avec quelquefois (dans la forme typique) un beau cerne vert (K 328 H-C) sous l'insertion des lames, qui manque d'ailleurs très souvent, à surface d'abord pruineuse, puis satinée-luisante, finement ruguleuse
Chair épaisse (plus que les lames ne sont larges), dure, blanche, se salissant de brunâtre par la dessication, et parfois aussi avec du brun verdâtre aux endroits exposés à l'air, même jaune brun dans les cavernes qui peuvent se former en bas du stipe; odeur d'abord généralement désagréable (de couteau mouillé), puis fruitée forte, un peu comme pseudointegra ou fellea, rarement fruitée d'emblée; saveur généralement douce dans le stipe, mais franchement âcre et désagréable dans les lames. FeSO4: réaction rougeâtre plus sale que K 78 D, vers 117, mais pas constamment, aussi comme delica en plus intense. Gaïac: réaction assez intense.
Lames très serrées à moyennement espacées (on en compte (8)-9-16 par cm à 1 cm du bord du chapeau), minces, rigides, ne laissant apercevoir au bord le fond du sinus interlamellaire que dans la vieillesse, avec de nombreuses lamellules, souvent anastomosées ou fourchues dans les régions voisines du stipe, étroites (3,5-6-(7) mm), généralement linéaires, aiguës en avant, étroitement arquées, puis décurrentes (souvent très longuement), blanc d'ivoire, puis blanc de lait plus ou moins sale, souvent teintées de glauque (K 153 Cou S 270 + 295) ou même de vert (mais très clair), verdissant à la dessication aux endroits blessés, à la fin blanc sale, paille glauque sordide, à arête brunissante, plus ou moins interveinées.
Sporée blanc crème à crème pâle (Ib) ou tendant vers IIa.
Spores 7-10-11 x 6-8,7 µm, obovales, échinulées, piquetées subréticulées connexées, à épines coniques, atteignant facilement 1,5 µm sur la plupart des récoltes, quelques-unes cependant ne montrant que des épines de 1 µm au plus, variant de coniques à hémisphériques, à connexifs [Pag.227] pouvant former localement quelques mailles fermées, mais beaucoup d'ornements étant isolés; crêtes exceptionnelles, toujours très courtes; appendice hilifère 1,25-1,75 x 1-1,5 µm, engaîné par l'exospore; tache supra-appendiculaire irrégulière, d'étendue variable, 3-3,5-5 x 1,75-4 µm, plus ou moins amyloïde, souvent lobée-verruqueuse. Basides 50-67 x (9)-10-12,5-(15) µm. Cystides cylindracées ou fusiformes, 50-130 et plus x 6,5-11 µm, se perdant parfois dans la trame en laticifères, généralement acuminées en une longue pointe, ou diversement appendiculées, gris noirâtre en SV.
Cuticule d 'hyphes emmêlées, assez volumineuses (3-6 µm), à parois minces, parfois un peu jaunies, avec laticifères, à corpuscules noirs dans le SBA, étroits, surtout dans la couche profonde. Médiostrate à sphérocystes de 14-38 µm en moyenne, avec quelques laticifères; sous-hyménium épais et serré, à grosses cellules.
Laticifères abondants dans le cortex du stipe.
Habitat: Dans les bois feuillus, en particulier dans les hêtraies, sur sol calcaire ou neutre, souvent aux endroits boueux, sur la terre nue des chemins forestiers, très commune, mais ne parais­sant guère avant le début d'août. Toute l'Europe, Amérique du Nord. - Type: sporée n° 18- VIII-62.
 
Taxon name: