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 Add this item to the list   Russula gigasperma Romagn.
   
Literature:
 
Page number:860 
Remarks (public):Sur plus de cent sporées que nous avons examinées et comparées dans toute la série de nos récoltes parisiennes d'Urentinae, près d'une vingtaine se sont détachées avec une netteté exceptionnelle, et du premier coup d'Âœil, sans Jamais susciter de notre part la moindre hésitation, par les grandes dimensions (supérieures à 10 µm) de l'immense majorité de leurs spores. Comme il ne semble pas, d'après deux sondages que nous avons faits, que ces formes soient bisporiques (s'il peut y avoir de rares basides à 2 stérigmates, nous pouvons assurer que celles qui en ont 4 sont légion), il est d(fficile de refuser la valeur spécifique à un des rarissimes caractères qui, dans ce groupe ait quelque netteté. Un examen approfondi de la cuticule nous a montré sur les poils épicuticulaires les mêmes latéraux que chez cuprea, mais nous n'avons pas pu voir nettement sur nos exsiccata les poils effilés de cette dernière espèce, et les articles nous ont paru plus courts, plus obtus; de plus, la forme et le cloisonnement des dermatocystides sont un peu différents. Nous nous proposons d'étudier plus à fond ces caractères lorsque nous retrouverons le champignon, ce qui ne s'est produit qu'une fois ces récentes années à cause de mauvaises conditions de poussée fongique, mais d'ores et déjà nous avons nettement l'impression que la structure cuticulaire diffère un peu chez les deux Russules. En tout cas, il convien-drait de faire de la forme macrospore une variété de cuprea, si l'on ne veut pas la regarder comme espèce, et non de l'intégrer dans le complexe cuprea.
Cependant, à voir les noms provisoires dont nous avons étiqueté nos sporées et nos notes avant l'examen microscopique, il s'avère que nous nous sommes montré tout à fait incapable de distinguer à l'Âœil nu ces Russules de leurs sÂœurs microspores du groupe,' nous avons constamment fait des " chassés-croisés" dans nos identifications macroscopiques. Bien mieux, nous avons même recueilli une fois un petit carpophore à grosses spores qu'il était absolument impossible de distinguer avant l'examen microscopique d'une récolte microspore que nous devions faire le lendemain dans la même localité.
Tout ce que nos notes ont pu nous révélé est que la taille des carpophores - mais la taille moyenne, il ne s'agit pas ici de valeur absolue comme le prouve l'observation ci-dessus rapportée - était un peu plus forte. Mais trop d'exceptions, de cas extrêmes, c'est-à-dire de petites formes d'adulterina et de grosses de cuprea, rendent ce critère parfaitement inutilisable en pratique.
Par rapport aux espèces montagnardes (adulterina et affines), nos notes laissent apparaÃŽtre un caractère sans doute plus important.. le stipe et la chair tendraient plutôt à se salir de jaunâtre, de brunâtre, que de gris.
 
Description type:Non-original description 
Description:Russula gigasperma Romagn.
Chapeau 4-7-(9,5) cm, plus ou moins ferme ou fragile selon la taille, d'abord globuleux, puis convexe à convexe-plan, à la fin étalé et distinctement déprimé au centre, parfois même avec un petit ombiblic entouré d'une zone circulaire en très légère saillie, à marge régulièrement orbi­culaire, obtuse, d'abord rabattue sur la portion antérieure des lames, rarement tout à fait unie, mais en général un peu cannelée (faiblement et courtement) dans la vieillesse; versicolore, comme celui de cuprea, mais surtout violet foncé (K 585), parfois même pourpre groseille obscur (K 3, jusqu'à 4 ou 5 au milieu), brun pourpré plus ou moins sombre (K 45, R XXXIX, 9'" k, Hay's brown), brun vineux plus ou moins intense comme vesca (K 63-88), pouvant aussi présenter des tons olivâtres, qui ou bien percent plus ou moins par humidification de la cuticule, ou bien se présentent au centre sous la forme d'une tache verdâtre (K 197), crème olivâtre ou seulement ochracée (mais il arrive aussi que le milieu soit plus sombre, et de même ton que le reste de la surface); cuticule séparable sur 1/3 à 1/2 du rayon, visqueuse et brillante par la pluie, puis deve­nant en général assez mate (sauf au centre), mais cependant pas de façon très frappante, le plus souvent rugueuse, parfois même bosselée-rugueuse au disque, plus rarement seulement finement chagrinée sous la loupe.
Stipe 4-8 x 1-2,5 cm, moyennement ferme (plus fragile sur les petites formes), le plus souvent à peu près cylindrique, puis s'évasant sous les lames, plus rarement gonflé au milieu ou en bas, plein, puis spongieux, et différenciant plus ou moins un cortex vague tandis que le centre s'affaisse en grumelots moelleux, blanc, puis sali de gris jaunâtre, de miel sale ou de brun, plutôt que franche­ment grisonnant comme chez adulterina,. surface farineuse en haut, et en général fortement rugueuse par des rides anastomosées brun pâle sur fond blanc.
Chair épaisse, assez ferme sur les grosses formes, plus fragiles sur les petites, blanche, tantôt vineuse, tantôt verdâtre sous la cuticule, tendant un peu à se salir, avec des traces locales de jau­nissement ou de brunissement, surtout en bas. Saveur âcre. Odeur tantôt insensible, tantôt assez nette de pseudointegra ou fellea. Réaction non immédiate à la teinture de Gaïac (d'abord nulle), et assez faible (bleu clair, ne virant au bleu sombre qu'au bout de plusieurs minutes), également faible (rosâtre sale) au SO4Fe.
Lamelles assez serrées au début, puis s'espaçant notablement (distantes par exemple de 1 mm à la marge), parfois avec quelques lamellules, à furcations relativement rares (bifides çà et là sur le stipe), souvent au début atténuées-subdécurrentes, puis sinuées, obtuses et ventrues en avant, larges de 5-11 mm, d'abord crème, puis devenant progressivement ocre orange ou jaune d'or, à arête plus pâle, ce qui produit comme un reflet blanc, finement interveinées.
Sporée jaune vif ou très vif (IV d, e).
Spores énormes, (8,2)-9-12-(13,5) x (7,5-8-10-(11,5) µm (il n'y a jamais un nombre important de microspores), obovales à elliptiques, piquetées, fortement échinulées, à épines souvent obtuses, mais parfois aiguës, atteignant 1,6 µm, assez dispersées, incomplètement amyloïdes; appendice hilifère relativement court, 1,75-2 x 1,75 µm; tache supra-appendiculaire irrégulière, déviée, large de 3,5-4,25 µm, verruqueuse, nettement amyloïde.
Basides volumineuses, (38)-48-63-(70) x (11,5)-15-18 µm, presque toutes tétrasporiques sur les deux récoltes étudiées spécialement à ce point de vue.
Cystides ventrues-fusiformes, volumineuses, 85-132 x (10,7)-11,5-18 µm, longuement atténuées­acuminées en un col simple, en tétine ou un peu capitulé, très saillantes et souvent nombreuses, noircissant en SV.
Cuticule d'hyphes parallèles, avec laticifères à l'hypoderme, émettant un épicutis de poils obtus relativement assez volumineux (par exemple 3-4 Il), d'ailleurs souvent atténués vers le haut, plus rarement un peu aigus, à articles plutôt courts, présentant çà et là, comme chez cuprea, quelques diverticules latéraux, avec dermatocystides bien caractérisées, larges de (3,5)-5-8,5-(12) µm, en moyenne plus claviformes que cylindracées, à article terminal court seulement sur les plus étroites, et en général à 1 ou 2 cloisons seulement, rarement appendiculées ou capitulées, parfois avec quelques légers étranglements çà et là.
Habitat: Dans les forêts feuillues de la plaine, sous chênes, charmes, souvent aux places un peu humides. Pas rare! Nous avons trace de 19 récoltes dans nos notes (Yerres, Carnelle, Coye et Orry, etc...). - Type: n° 52-32.
 
Taxon name: