Search on : Taxa descriptions

 


   
Literature:
 
Remarks (public):Il est certain qu'on peut recueillir de cette espèce des formes dont la chair ne rougit absolument pas, mais il n'en est pas toujours ainsi. C'est l'ornementation sporale, une des moins accusées qui existe dans le genre, et les caractères morphologiques et chimiques des cystides qui nous paraissent la caractériser le plus sûrement. Macroscopiquement, elle a une cuticule moins visqueuse et moins brune qu'adusta, des lames plus épaisses et plus espacées que densifolia, ce qui peut permettre de l'identifier sur le terrain. Nous ne croyons pas que la réaction au sulfate de fer constitue un bon critère de spécification dans ce groupe, car elle nous a paru varier passablement selon l'âge, l'état des sujets, l'intensité plus ou moins grande du virage de la chair coupée ; sur nos sujets la réaction est restée plus ou moins rosâtre ou rougeâtre, pour virer parfois au verdâtre quand le grisonnement s'accentuait ou le lendemain de la récolte.
Nous avons un instant pensé que notre albonigra figurait dans la Monographie de Melzer et Zvara sous le nom d'adusta : non seulement les caractères chimiques pouvaient, comme on vient de le voir, passer pour semblables, mais encore les auteurs tchèques mentionnent un chapeau d'abord blanc, et une trame presque bilatérale, ce qui s'accorde assez bien avec notre champignon. Toutefois, des exsiccata aimablement transmis par M. Melzer nous ont montré qu'au moins aujourd'hui, M. Melzer a d'albonigra la même conception que nous, car nous y avons retrouvé ses spores caractéristiques, à peine ornementées ; en outre la figure d'adusta de l'Atlas Holubinek de M. Melzer convient mieux à notre adusta qu'à albonigra.
R. Singer nous a communiqué des exsiccata d'une récolte américaine (Highland Ham, 1942), qu'il avait rapportée à son albonigra, mais les spores à forte ornementation montre qu'il s'agit d'une espèce différente, probablement de l'affinité immédiate de notre anthracina (voir p. 209).
J. Blum paraît avoir la même conception et ne pas avoir isolé la véritable albonigra, ce qui est fort étonnant de la part de cet auteur qui pousse fort loin la division spécifique, mais s'explique sans doute en ce que, n'observant jamais les cystides de ses récoltes, il ne pouvait remarquer le principal caractère de cette espèce. Cela l'a conduit à des conclusions erronées sur de prétendues confusions qu'auraient faites J. Schaeffer dans ce groupe, la description de ce dernier étant en réalité excellente dans tout le détail pour notre albonigra, en particulier celle des spores et des cystides.
 
Description type:Non-original description 
Description:Russula albonigra Kromb. 1o Forme type albonigra (Fig. 4-5)
Chapeau 5-15 cm, d'abord régulier et convexe, avec au centre une assez large dépression et la marge enroulée et très obtusément arrondie, puis devenant souvent à la fin cratériforme ou cyathiforme, charnu, compact et même dur, épais, blanchâtre ou d'un brun sale, un peu nuancé de rougeâtre et non d'olivâtre comme densifolia, puis sali ou maculé de fuligineux ou de rougeâtre sale en particulier au toucher (mais au bout d'un certain temps ces taches deviennent noires, et si l'on enlève la cuticule avec l'ongle, la chair qui apparaît ainsi devient directement grise, puis noirâtre); cuticule viscidule, puis sèche, mate, lisse, unie-feutrée à très finement veloutée sous la loupe, séparable seulement au bord, souvent crevassée ou érodée par places, ou marquée de quelques vénules en relief plus foncées que le fond.
Stipe 2,5-6,5 x 1,5-4,5 cm, généralement court, subcylindrique ou obconique, charnu, ferme ou même dur, plein, blanc, noircissant au toucher, et devenant avec l'âge fuligineux noirâtre ou brun foncé et irrégulièrement maculé, lisse, guère ridé, vers le haut, finement farineux-pruineux ou ponctué de minuscules flocons (sous la loupe).
Chair épaisse, par exemple de 8 mm au-dessus des lames pour un chapeau de 7 cm, obtusément amincie vers les bords, dure, blanche, puis grison­nant et enfin noircissant à l'air, parfois ne rougissant pas du tout ou ne prenant que dans le stipe une nuance rosâtre peu distincte, mais parfois rougissant assez nettement au-dessus des lames ou par plages irrégulières dans le stipe, devenant au bout de plusieurs heures tout brun noirâtre ou noirâtre: odeur peu marquée. Saveur peu agréable, mentholée, un peu comme lepida. Réaction rougeâtre au sulfate de fer, peu marquée.
Lamelles assez serrées à presque espacées, (4)-6-10 lames par cm à 1 cm du bord (jusqu'à 13 sur les jeunes), épaisses, rigides-céracées, inégales (lamellules d'au moins 3 longueurs différentes), souvent connées-anastomosées ou fourchues (rarement crispées-onduleuses), arquées, subdécurrentes, adnées légèrement uncinées, étroites ou peu larges (2,5)-3,5-6-(12) mm, assez obtuses en avant, d'une belle couleur ivoire ou blanc de lait qui contraste avec le reste du carpophore, restant pâles, mais noircissant sur l'arête ou dans les parties blessées.
Sporée blanc pur (1 a).
Caractères microscopiques
Spores 6,7-9 x 5,7-6,5 µm, souvent elliptiques et même rétrécies vers la base et franchement hétérodiamétriques, très finement piquetées à vaguement zébrées, verruculeuses à partiellement connexées, à verrues hémisphériques ne dépassant pas 0,2 µm, nombreuses, parfois alignées, nette­ment amyloïdes, appendice hilifère 1,25 x 1 µm environ; plage supra-appendiculaire lisse, peu délimitée, ample, par exemple 3,5 x 2 µm.
Basides très allongées, 50-65 x 8-10 µm, tétrasporiques.
Cystides très longues, cylindracées, d'abord obtuses, puis émettant un col variable, obtus ou deux fois renflé (le renflement terminal étant plus petit que le précédent), 80-130 x 6,5-9,2 µm, remplies d'une vaste inclusion d'aspect huileux, colorée vivement par l'Écarlate Cérol BX, souvent fragmentée en plusieurs masses ou guttules, n'occupant pas le sommet de l'article, seulement jau­nâtre en SV, SA et SBA (réaction subnulle : pas de corps noircissants).
Épicutis constituée par des poils larges, avec des dermatocystides de 6-7 µm, subcapitées ou appendiculées, qui contiennent souvent une grosse masse huileuse comparable à celles des cystides; des laticifères dans la chair. Pigment vacuolaire brun, granuleux ou en guttules comme chez les espèces voisines. Médiostrate à éléments larges (par ex. 13-25 µm), souvent courts, (mais à sphéro­cystes typiques plutôt rares), de texture assez lâche, sans laticifères ; sous-hyménium subcelluleux, épais. à articles serrées (atteignant 18 x 10 µm), passant insensiblement au médiostrate.
Cortex du stipe à laticifères, montrant en surface des dermatocystides redressées, obtuses, larges de plus ou moins 7 µm.
Habitat: Dans les forêts feuillues et à aiguilles, en montagne comme en plaine, pas rare. On l'a signalée dans toute l'Europe et en Amérique du Nord, mais un contrôle des déterminations serait nécessaire. Nous l'avons recueillie souvent dans la région parisienne, en forêt de Coye et d'Orry-la-Ville (Oise et S.-et-O.), de la Haute-Pommeraie, près Apremont (Oise), d'Ermenonville (Oise), au bois de Ver-sur-Launette; G. Metrod et A. Bride l'ont observée dans le Jura. - Récolte type : 31-VII-196l (sporée).

 
Taxon name: