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 Add this item to the list   Russula acrifolia Romagn. (Fig. 11-15)
   
Literature:
 
Page number:203 
Remarks (public):Nous avons autrefois décrit cette Russule sous le nom d'adusta var. rubens (type 12-IX-43), mais c'est aussi la R. densifolia au sens de J. Schaeffer, ainsi que la plupart des mycologues allemands suivant la tradition de ce maître ; Blum a aussi adopté ce nom, ainsi que le mycologue américain R. Shaffer.
Il est assez difficile de savoir ce qu'est au juste la densifolia au sens original de Secretan car celui-ci ne dit rien de la saveur, ce qui eût été décisif. Cependant, la vraisemblance n'est pas pour la tradition allemande, pour les raisons suivantes : Secretan écrit formellement que la chair prend à la tranche des teintes rougeâtres, puis noirâtres, et, plus loin, il répète qu'elle prend une teinte décidément rouge, surtout dans la jeunesse, et noircit bientôt après. Les anciens auteurs font de même, puisqu'ils ne la distinguent de nigricans que par la densité des lamelles. Or, ce comportement n'est pas exactement celui de la densifolia des Allemands et de Blum, chez laquelle le rougissement et le noircissement sont souvent presque concomitants ou, si le rougissement commence par se manifester seul, le noircissement s'amorce bien avant sa disparition. La figure de Cooke est significative aussi à cet égard, et représente sûrement pour cette raison notre espèce et celle de Secretan.
De plus, notre densifolia douce, sensu nostro, est une des les Nigricantinae plus vulgaires. Blum, qui lui refuse ce nom, a donc été obligé d'aller chercher celui d'une f. densissima mentionnée sans description par J. Schaeffer, mais figurée par lui en 1952, bien que ce nom ait déjà été proposé comme spécifique, toujours sans description, par Møller (in Hertz), dans un tout autre sens, puisqu'il s'agirait pour lui de l'adusta de Lange, qui est peut-être une des formes de notre anthracina (= albonigra Rick., Singer, Blum); si bien qu'il faudrait admettre qu'urie espèce aussi commune que nigricans ait passé inaperçue des mycologues pendant 150 ans! C'est tout à fait invraisemblable, en tout cas mille fois plus que l'hypothèse inverse, car il est assez normal que la densifolia âcre de Schaeffer ait été négligée, non seulement parce qu'elle est moins répandue, mais surtout parce qu'elle pouvait être regardée comme une simple forme plus rougissante d'adusta: ce que, en toute innocence, nous avons fait nous-même ; et certainement pas le premier.
Nous préférons donc donner à la densifolia de J. Schaeffer le nouveau nom d'acrifolia qui met bien en relief son caractère essentiel, celui de rubens étant préoccupé comme terme spécifique.

 
Description type:Original description 
Description:Russula acrifolia Romagn. (Fig. 11-15)
Chapeau 5-15 cm, dur et charnu, mais cassant, d'abord globuleux et déjà déprimé, puis convexe plan, surbaissé, enfin en soucoupe ou cyathiforme, et même dans la vieillesse infundibuliforme, toujours profondément et amplement déprimé au centre, à marge d'abord enroulée, obtuse, puis droite et mince, régulière ou souvent un peu onduleuse ou lobée-frisée sur les exemplaires étalés, pouvant se retrousser dans la vétusté, brun sale, brun bistre ou brun d'ombre, souvent mêlé de brun rouge et aussi un peu d'olivâtre, plus rarement gris brun, souvent avec le centre plus sombre et le bord plus pâle, mais non blanchâtre, K 110 + 115 ou 134, aussi 129, 130; R XV, 15' m à 13' m, Mars brown à Prout's brown, au centre 17' k, m, n, Dresden brown, à plus foncé que Mummy brown, ou XXIX, 17"k àm, de Saccardo's umber à sépia, ou enfin vers R XLVI, 17"", Drab; cuticule séparable au bord en lanières sur 1/3 environ, humide-visqueuse, d'aspect longtemps gras, ne séchant que lentement, cependant plus vite sur le pourtour que dans la dépression, lisse, puis irrégulièrement chagrinée ou ruguleuse sous la loupe.
Stipe 3-6,5 x 1,2-3 cm, ferme, cylindrique, souvent un peu épaissi en massue vers la base au début, puis pouvant au contraire être plus ou moins rétréci dans la vieillesse, plein, puis moel­leux et partiellement creux, à ample caverne, souvent irrégulière comme chez foetens et à zones corticales minces, puis épaisses; blanc, vite sali de fuligineux, de brun ou maculé de noirâtre, pouvant se tacher de rougeâtre à la pression, restant fréquemment blanc sous les lames; surface finement soyeuse, un peu ridée, puis avec fines rides réticulées plus foncées, ou piqueté-chagriné de rugulosités ou peluches plus ou moins nettes, et qui épargnent souvent l'extrême sommet.
Chair épaisse et dure, à la coupe le plus souvent déjà marbrée de fuligineux, surtout au bas du stipe et sous la cuticule, blanche sous les lames, puis rougissant à peu près autant que densifolia, enfin devenant grise, fuligineuse ou brun fuligineux dès avant l'effacement de la teinte rouge. Odeur insignifiante; saveur âcre et même parfois brûlante dans les lames, lentement âcre dans le chapeau (beaucoup moins), et parfois même à la fin sensiblement douce. Réaction énergique et rapide à la teinture de Gaïac; verdâtre au SO4Fe.
Lamelles assez serrées à assez espacées, (5)-7-12 par cm à 1 cm du bord, pas trop épaisses ou assez minces, à lamellules nombreuses, très fréquemment fourchues ou bifides sur le pied, ou anastomosées-cannées entre elles et même crispées-onduleuses, larges de 5-12 mm, falciformes, souvent un peu arquées, nettement décurrentes, mais un peu sinuées à l'insertion, ivoire pâle (K 153 A), blanc de lait, puis blanc crème, blanc ochracé (R XXX, 21" f, ivory yellow, un peu glauques vue de flanc (K 153 B ou C), parfois maculées, brunissant sur l'arête, plus ou moins interveinées, parfois seulement avec quelques petites bosselures dans le fond du sinus.
Sporée blanche (Ia).
Caractères microscopiques
Spores (6,5)-7-9,5-(11,5) x (5,5)-6,5-7,5 µm, obovales, mais les plus grosses parfois de forme elliptiques, verruqueuses ou verruculeuses, incomplètement réticulée-connexées, à verrues variant de courtement coniques à hémisphériques, attei­gnant 0,5 µm de haut, assez nombreuses, quelques­unes faiblement amyloïdes, à réseau fin, avec des mailles complètes et quelques crêtes minces; appendice hilifère environ 1 x 1-1,25 µm; plage supra-appendiculaire peu délimitée, lisse, ample.
Basides 45-55 x 7-10-(11,5) µm, tétrasporiques.
Cystides étroitement cylindracées à subfusi­formes, 57-115 x 5-7,2 µm, ordinairement munies en haut d'un ou deux appendices cylindracés, lancéolés ou globuleux, à inclusions noircissant dans les réactifs sulfoaldéhydiques.
Cuticule d'hyphes emmêlées, bourrée d'un suc brun, émettant des poils obtus, grêles, mais parfois ampullacés (larges de 3-4,5 µm), entremêlés de quelques dermatocystides étroites (x 3,5-5 µm), obtuses ou à petit appendice au sommet, avec corpuscules noircissants en SBA; laticifères nombreux dans la chair, l'hypoderme et le médiostrate des lames, qui est constitué en majeure partie de sphérocystes serrés à paroi assez épaisse et réfringente; sous-hyménium serré, à articles plus ou moins arrondis.
Cortex du stipe montrant de nombreux laticifères se redressant en surface en dermatocystides plus ou moins caractérisées.
Habitat: Pas très rare dans les bois feuillus et à aiguilles. Paraît répandue dans toute l'Europe, et jusqu'au Caucase. Nous l'avons recueillie dans la plupart des forêts de la région parisienne: Coye, Marly, Chantilly, Ermenonville, etc., oÀ¹ elle est pourtant nettement moins commune que densifolia. - Récolte type : n° 55-164.
 
Taxon name: