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 Add this item to the list   Russula densifolia Secr. (Fig. 16-20)
   
Literature:
 
Page number:206 
Remarks (public):La taille petite, la chair d'abord rouge, puis noirâtre fuligineux, la saveur presque douce, et surtout sa cuticule sèche, à gros poils de forme remarquable, distinguent bien cette espèce de ses voisines. Nous avons dit ci-dessus pourquoi nous croyons devoir la nommer densifolia. C'est d'ailleurs la tradition en France, sans doute depuis Quélet.
Le nom de densissima créé sans description par J. Schaeffer pour une forme à lamelles très serrées de sa densifolia, a été repris par Møller (in Hertz) avec le rang spécifique pour ce qu'il considère comme l'adusta de Lange, différente selon lui de l'adusta de Schaeffer, d'ailleurs contre l'avis de ce dernier, qui croyait son adusta identique à celle de Lange, et qui, ayant vu vivante la densissima de Møller, la rapprochait plutôt d'albonigra (en particulier de celle que Konrad et Maublanc avaient à tort figurée sous le nom d'adusta, nom qu'ils ont rectifié par la suite). Plus tard, Blum, négligeant l'opinion de Møller reprit le nom de densissima pour l'espèce ci-dessus décrite comme densifolia Secr.; il est vrai que la figure de J. Schaeffer peut convenir à celle-ci, mais la chair est dite non ou à peine rosissante. L'opinion de Møller est donc certainement plus vraisemblable, mais elle se heurte à la propre opinion de Schaeffer dont nous ignorons la position finale sur ce problème, car la lettre inédite où Møller nous a rapporté tous ces faits (17/11/1955) ne dit pas clairement si l'auteur allemand s'était ou non rallié à celle de son collègue danois.
Nous signalons à l'attention des mycologues l'existence d'une forme sûrement très voisine macroscopiquement, à spores à verrues très peu reliées, et assez fortes, dont nous avons retrouvé une sporée dans nos collections. Nous n'avions malheureusement pris aucune note sur cette récolte, faite en forét de Marly, à Saint-Nom-Ia-Bretèche (S.-et-O.). Elle est à rechercher.
Nous avons récolté en forét de Laigue un spécimen de densifolia qui, par sa silhouette particulière, hygrophoroïde, avec un gros pied se dilatant progressivement et passant à un chapeau relativement petit, nous a rappelé tout à fait l'espèce que Cooke a représentée sous le nom de virginea; le rosissement et le grisonnement de la chair étaient faibles. Nous donnerons ici la description de ce sujet (fig. 20). Mais il est douteux que la virginea de Cooke soit une Russule .
Chapeau très épais et très charnu, 6 cm, profondément infundibuliforme, à dépression relativement étroite, à marge épaisse, peu renroulée, doucement arrondie, blanc, avec certaines parties teintées d'ochracé pâle, ne noircissant (légèrement) qu'à la marge; cuticule remarquablement lisse, brillante, presque viscidule, même d'aspect un peu vitreux-subhygrophane au centre, assez nettement rugueuse sur le pourtour. Stipe énorme proportionnellement au chapeau, 7 x 2,5 cm, un peu rétréci vers le bas après un léger épaississement, blanc, puis sali' de brun, de fuligineux, surtout sur la crête des rides, à surface remarquablement bosselée-scabre, plus que rugueuse. Chair épaisse, mais cassante, un peu fuligineuse à la coupe, puis un rougissement se développe lentement, se superposant au grisonnement, seul le bas du stipe noircit; saveur douce dans le chapeau, un peu âcre dans les lames. Lamelles minces et serrées, très étroites, 4 mm avec nombreuses lamellules, remarquablement et longuement décurrentes, falciformes arquées, blanc d'ivoire plutôt jaunâtres comme albonigra que glauques, faiblement noircis aux endroits blessés, un peu interveinées. Sporée blanche. Spores environ 7 x 6,5 µm amplement réticulées-connexées à subcristulées. Basides 52 x 7,2-8,5 µm, à stérigmates très longs. Cystides cylindracées, 42-60 x 5-6 µm, souvent à plusieurs renflements terminaux (en collier de perles), à faible réaction SV. Épicutis de poils volumineux, souvent avec un ou deux renflements sous une partie terminale amincie en col épais et obtus, avec dermatocystides souvent en collier de perles, comme chez le type. Sous-hyménium subfilamenteux. Hêtraie siliceuse, mêlée de charmes, en forêt de Laigue, près Tracy-le-Mont (Aisne), le 25 août 1963.
 
Description type:Non-original description 
Description:Russula densifolia Secr. (Fig. 16-20)
Chapeau généralement 3-7 cm, épais, dur, d'abord très surbaissé-déprimé, puis étalé, enfin en soucoupe basse, plus ou moins creuse, avec le milieu plus ou moins déprimé (souvent peu), à marge obtusément incurvée, puis se redressant, régulière, enfin un peu sinueuse ou lobée çà et là, en général assez pàle, même blanchàtre sur le pourtour, qui tranche alors avec le milieu brun à brun olivacé (moins rouge souvent que chez acrifolia, R XXIX, 17" k à 15" m, Saccardo's umber à Bister), mais il arrive aussi que le chapeau soit maculé de blanc jaunâtre ou verdâtre sale, ou moins nettement discolore et que le bord soit seulement un peu plus clair que le milieu; cuticule, lisse, au début seulement un peu humide, mais vite sèche et même plus ou moins mate, lisse, mais finement chagrinée sous la loupe (faiblement rugueuse), à surface parfois irrégulièrement montueuse.
Stipe 1,5-4 x 0,7-1,5 cm, parfois un peu excentrique, dur, plein, puis irrégulièrement moelleux par les larves (non caverneux), cylindrique ou un peu évasé en haut, rarement vaguement épaissi en bas, blanc pur, puis sali de brun, de fuligineux ou taché de noirâtre ou de rougeâtre, presque nu, à peine pruineux, d'abord très lisse, puis devenant plus ou moins ridulé.
Chair ferme, dure, assez épaisse, blanc pur sur les jeunes, puis marbrée de fuligineux, de noi­râtre et prenant lentement une très nette coloration rouge sang, enfin fuligineuse ou noirâtre. Odeur fruitée sur le frais, mais peu remarquable. Saveur douce dans le chapeau, parfois modéré­ment âcre dans les lames au bout d'un moment de mastication (et même presque douce). Réaction rose orange sur la chair encore blanche, puis verte sur la chair noircie ou rougie, par le FeSO4; assez rapidement bleue par la teinture de Gaïac.
Lamelles serrées et minces (par exemple 9-13 par cm à 1 cm de la marge), accompagnées de très nombreuses lamellules, non fourchues, étroites (3-5 mm), arrondies à l'insertion, mais d'orien­tation générale souvent plus ou moins décurrente, segmentiformes, crème (K 153 B), puis glauque sale, K 153 C ou un peu plus, d'abord brunissantes, puis noircissantes aux endroits blessés, à arête entière, d'abord un peu plus pâle, non interveinées.
Sporée blanche (1 a).
Caractères microscopiques
Spores 6,5-8,2 x 5-6,5 µm, obovales à elliptiques, verruqueuses ou verruculeuses piquetées, plus ou moins zébrées ou subréticulées connexées, à verrues hémisphériques, souvent de 0,37 µm de haut, rarement plus, assez nombreuses, nettement amyloïdes, à connexifs fins, formant rare­ment une maille fermée et parfois peu nombreux; appendice hilifère conique, proéminent, 1,37-1,5 x 1,37 µm; plage supra-appendiculaire lisse, peu délimitée, grande.
Basides 38-45 x 8-9,5 µm.
Cystides cylindracés, 50-100 x 5-6,5 µm émettant au sommet en général plusieurs renfle­ments superposés (en «collier de perles»), contenant des masses noires en SA.
Cuticule à hyphes de 3,5-8,5 µm (jusqu'à 10 µm aux endroits renflés), émettant un épicutis de poils remarquablement gros et rétrécis progressivement à l'extrémité (comme chez les espèces du groupe grisea), larges de 4-13 µm, entremêlés de dermatocystides cylindriques ou un peu fusiformes-­renflées, souvent capitées, et contenant des corpuscules noirs en SA, tandis que les poils ne renferment que l'habituel pigment vacuolaire brun; nous n'avons pu voir de laticifères hypo­dermiques. Médiostrate à sphérocystes serrés, assez petits, avec quelques très rares laticifères; sous-hyménium celluleux, pas très différencié.
Le cortex du pied montre de nombreux laticifères à corpuscules noirs en SA.
Habitat: espèce commune surtout sur sol siliceux, sous feuillus et conifères, en terrain assez sec. Nous l'avons vue dans de nombreuses forêts autour de Paris. Les exemplaires qui ont servi de base à la description précédente ont été récoltés le 26 août 1955, en forêt d'Ermenonville (bois de Montlognon, Oise), près du carrefour de la Croix-Marchande. - Type : n° 55-165.
 
Taxon name: