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 Add this item to the list   Russula amoena Quélet, ss. str.
   
Literature:
 
Page number:250 
Remarks (public):Si l'on se réfère à la diagnose princeps de Quélet, il est hors de doute que ce champignon est le type même de sa Russula amoena. La Russule que l'on détermine sous le même nom s'en distingue fortement par les colorations très différentes, jamais d'un pourpre aussi pur, fréquemment mêlées de vert ou de brun vineux, et surtout par les énormes et nombreuses "cystides" faciales, de largeur et de fréquence très supérieures, analogues à celles de violeipes.
J. Blum a parfaitement aperçu qu'il s'agissait de deux Russules différentes, mais il a surtout été frappé par la couleur plus pâle de la sporée de la vraie amoena, et n'a pas observé les caractères pourtant si frappants des éléments cystidiformes. Josserand est le seul a avoir signalé des formes " acystidiées" dans le complexe amoena (à vrai dire, nous nous demandons si elles ne sont pas seulement "oligocystidiées"), mais sans attribuer à ce fait d'importance spécifique. Pourtant nous sommes persuadé que les formes pourpres correspondant au type quélétien constituent une espèce particulière, puisque des différences très précises s'observent dans d'autres domaines: macroscopie, couleur de la sporée, taille des spores et aspect de l'ornementation. Il s'ensuit que nous avons dû donner le nom nouveau d'amoenicolor à nos anciennes et courantes amoena, et considérer la var. intermedia Blum comme représentant le type de l'espèce.
Mais on sait que Schaeffer et Singer, ayant étudié les types américains de la R. Mariae Peck ont établi qu'il s'agissait bien d'une espèce de cette stirpe, et ils l'ont considérée comme intégralement synonyme de l'amoena de Quélet; or ce nom, plus ancien a la priorité spécifique. Nous ne pouvons cependant les suivre, du moins pour le moment. En voici les raisons.
R. Singer nous a adressé deux spécimens américains qu'il avait déterminés comme R. Mariae Peck. L'un recueilli à Cambridge, U.S.A., en juillet 1942 s'est révélé très proche ou identique par les [Page251] spores et les immenses poils cystidiformes faciaux à notre amoenicolor d'Europe,' cependant, il faudrait pour se prononcer connaître exactement la couleur de la sporée et le détail des caractères macroscopiques, odeur, saveur, etc.
En revanche, un second exemplaire (Mountain Lake, Virginia, juin-juillet 1947), remarquable par sa taille minuscule (chapeau n'atteignant même pas 2 cm sur l'exsiccatum ; stipe environ 2,5 x 0,4 cm), sa couleur rouge, son revêtement piléique hérissé à la loupe de longs poils blancs, et sur la fiche duquel Singer a écrit qu'il l'avait comparé au type de Mariae et qu'il s'agissait de la "seule Russule qui devrait être ainsi appelée ", s'est montré bien différent du sujet de Cambridge par plusieurs carac-tères microscopiques intéressants: spore un peu plus bassement ornée (mais l'exemplaire semble peu mûr), extrême rareté des "cystides" faciales (nous n'avons pu en apercevoir que deux) et leur étroitesse (ventre ne dépassant pas 10 µm) ; enfin, nombre remarquable des poils subulés du revêtement piléique (dans la couche superficielle de ce jeune sujet, ils sont contigus, et il n'existe pas d'articles d'un autre type ; ils absorbent puissamment le Bleu coton lactique) ; en dessous, la cuticule, épaisse, serrée, ne montre que des hyphes pour la plupart extrêmement étroites (2-4 µm, rarement jusqu'à 6 µm), sans articles courts ni subglobuleux.
Évidemment, l'examen de cet unique sujet, apparemment très jeune, ne peut être regardé comme absolument décisif Mais Singer a relevé exactement les mêmes caractères sur un exemplaire recueilli par Kauffman et nommé par lui dans ses notes manuscrites "aciculocystis ". La description citée ( XXIX, p. 243) s'applique tout à fait au petit sujet de Mountain Lake. Et ce serait, comme nous l'avons dit d'après Singer lui-même, "le type de Mariae ".
Or, s'il y a évidemment une grande ressemblance entre ce type et notre amoena = intermedia, notamment par la rareté et la ténuité des poils cystidiformes faciaux, la petite taille et la belle couleur des carpophores, la comparaison révèle cependant des différences inquiétantes, sur lesquelles il serait imprudent de passer: les spores de l'échantillon américain rappellent bien davantage celles d'amoenicolor que celles d'amoena par leur ornementation ; les cystides sont plus rares que sur le sujet de Blum, rarissimes même ; mais surtout, il faut retenir les différences dans la structure de la cuticule, où l'on ne retrouve pas les articles courts, subglobuleux, que nous avons observés sur deux récoltes de notre amoena, et de plus, chez cette dernière, les poils subulés sont bien plus dispersés et n'absorbent que fort modérément le Bleu coton. En outre, l'aspect des exsiccata n'est pas tout à fait le même, la plante américaine étant beaucoup plus rouge, au point que Singer lui-même, qui l'a vue vivante, la compare à minutula.
Ces faits nous invitent pour le moins à émettre quelques doutes quant à une synonymie intégrale entre notre amoena et la petite Mariae-aciculocystis de Mountain Lake.
Cependant, nous devons faire une réserve sur l'opinion de Singer, si autorisée qu'elle soit évidemment, au sujet de l'identité de sa récolte avec le " type de Peck ". Dans la publication citée ci-dessus (XXX) en effet, il donne sur celui-ci des renseignements qui ne s'accordent pas pleinement avec les caractères relevés par nous sur cette récolte: spores plus grosses (10 x 8µm ; mais on sait que Singer compte généralement les ornements dans ses mesures de spores, et la différence n'est peutêtre qu'apparente), mais surtout présence de "rares sphérocystes" entre les poils piléiques ; aucune indication n'est malheureusement donnée sur la dimension des "cystides" faciales. A ce propos, J. Schaeffer n'a pas été frappé par une différence avec les sujets européens. Si bien que l'hypothèse que l'aciculocystis serait en réalité différente du type de Mariae, et que celui-ci soit bien identique à notre amoena, n'est peut-être pas complètement exclue. Mais avant de l'admettre, il faudrait procéder à un nouvel examen du type de Peck à la lumière des données nouvelles que nous avons ici apportées.
Nous ne cacherons d'ailleurs pas qu'à notre avis, il y a des chances pour que la forme américaine constitue un "jordanon" particulier, puisque Singer écrit que les formes regardées habituellement en Europe comme des amoena typiques ont souvent en Amérique une saveur un peu âcre, ce que nous n'avons jamais observé sur aucune de nos récoltes européennes.
Cet exemple précis montre combien µm faut être prudent lorsqu'on entreprend d'établir des synonymies entre des espèces récoltées de part et d'autre de l'Océan: il y a grand danger que l'identiténe soit qu'apparente, ou, si l'on veut, partielle.
 
Description type:Non-original description 
Description:Russula amoena Quélet, ss. str.
Chapeau 2-5 cm, ferme, presque dur au début, convexe, puis s'étalant, et alors un peu déprimé, à marge régulière, orbiculaire ou vaguement sinueuse, parfois lobée en un point, obtuse, unie, ne se sillonnant pas ou guère dans la vieillesse, d'une couleur particulièrement belle et vive, pourpre carminé, violet rouge, lilas amarante (d'après notre aquarelle de la récolte de Yerres: R XXVI, 67' Magenta, à 69' i, Schoenfeld's purple au centre; XXXVII, 65", Bishop's purple à 65" i, light Perilla purpre au bord; l'exsiccatum de Thiéfosse plus rouge, R XXXVIII, 69" k à 71" k, corin­thian purple à Neutral red), parfois avec des places oÀ¹ apparaît un fond crème, mais sans aucun ton vert ni brun; cuticule remarquablement veloutée, souvent même crevassée-furfuracée comme virescens sur toute la périphérie.
Stipe 2-5 x 0,5-1 cm, ferme, parfois au début claviforme, puis à l'état adulte en général atténué en pointe à la base (parfois assez brusquement, ou coudé), plus rarement cylindrique, plein, puis creusé de cavernes superposées, carminé comme le chapeau (sur l'exsiccatum de Thiéfosse R XXVI, 71" j, entre Indian lake et Dahlia carmine) ou d'un beau lilas; surface pruineuse.
Chair ferme, assez épaisse, blanche, teintée de pourpre sous les revêtements. Odeur prononcée et constante de topinambours en train de cuire, comme Lactarius volemus, Hygrophorus cossus. Saveur douce. Réaction pourpre carminé rappelant olivacea au Phénol.
Lamelles d'abord assez serrées, mais s'espaçant notablement, égales ou peu fourchues, assez étroites (par exemple 4-3 mm), subobtuses en avant, ventrues à segmentiformes, adnexées, blanc crème, avec souvent l'arête bordée de rouge ou de violet, surtout près de la marge piléique.
Sporée crème (seulement II b sur l'intermedia de Blum).
Spores arrondies, petites, 6,2-7-(8,2) x 5,5-6,5-(7,2) µm, assez bassement ornementées, crêtées réticulées à subréticulées, avec en plus des verrues obtuses, pustuliformes ou coniques; crêtes assez minces (jusqu'à 0,25 µm) ; verrues espacées, assez grosses, jusqu'à 0,75 µm, parfois peu amyloïdes ; appendice hilifère conique, assez pointu, 1,5-1,75 x 1,1 µm; plage supra-appendiculaire parfois munie de petites verrues non amyloïdes. Basides 42-54 x 10-14 µm, à long pédoncule. Poils cystidiformes faciaux parfois très rares (ou même parfois peut-être nuls?) et en tout cas dispersés, jamais nombreux ni très frappants, bien qu'ils saillent d'au moins 30 µm, mesurant 62-150 x (7)-9-10-(12) µm, de silhouette générale fusiforme, atténuées progressivement en haut en un col court ou très long, étroit, obtus, cylindrique, et avec, au niveau du corps, de fréquents et forts étranglements (à divers niveaux). Poils d'arête en alène ou en baïonnette, pointus, mesurant par exemple 75 x 6 µm, parfois colorés, innombrables.
Cuticule sur l'exemplaire de Thiéfosse comprenant un strate profond d'hyphes allantoïdes grêles, 2,7-3,5 µm, emmêlées, surmonté d'hyphes à articles courts et larges (6-8,511), presque globu­leux, rappelant ceux d'ionochlora, au-dessus desquels saillent de nombreux faisceaux de poils, longs d'environ 45-90 x 6-10 µm; ces mêmes articles subglobuleux ont été également observés sur le type de la R. amoena var. intermedia Blum, oÀ¹ nous avons noté que jamais ils ne constituaient les articles basaux des poils pointus; ceux-ci sont courts, mais nullement sphérocystoïdes ; la structure diffère donc de celle de violeipes, et est analogue à celle de notre amoenicolor.
Habitat: Assez rare, dès le début de l'été, sans les bois siliceux, sous feuillus (châtaigniers, chênes) ou conifères (pins, Picea, Abies). France, Suisse, Angleterre, Allemagne. Nous avons vu les récoltes suivantes: Yerres (S.-et-O.) en juillet 1932, allée Couverte, près du château d'eau, sous châtaigniers, parmi les Leucobryum glaucum. Environs de Bordeaux (Gironde), leg. M. Mesplede, en août 1959. Thiéfosse (Vosges), sous Picea et Abies le 7 septembre 1959. La R. amoena var. intermedia Blum a été récoltée à Dourdan (S.-et-O.), sous châtaigniers et pins; exsiccatum examiné. - Type: n° 59-179.
 
Taxon name: