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 Add this item to the list   Russula aeruginea Lindbl. ex Fr.
   
Literature:
 
Page number:286 
Remarks (public):Cette espèce, connue aussi en France sous le nom de graminicolor Secr., est très bien caractérisée dans l'ensemble des Griseinae par l'absence absolument constante de colorations ardoisées et violettes; elle est d'un vert assez franc, qui tire tout au plus sur le brun, mais il est rare d'en trouver des spécimens plus bruns que verts. Macroscopiquement, elle ne varie donc pas beaucoup. En revanche, nous avons noté un assez remarquable polymorphisme dans les divers caractères sporaux.
La couleur, d'abord: nous avons des récoltes à sporée comme brunneoviolacea, d'autres comme, grisea ou amoenicolor. La taille ensuite; le plus ordinairement, la spore est petite, longue de 6,5-8,5 µm; mais il y a tendance à la formation de " macrospores " tranchant nettement avec les autres (la longueur atteint alors 9-10 µm); une récolte de J. Blum (901 B) nous a même montré des spores, descendant guère au-dessous de 7,2 µm de long; une autre de M. ESSETTE est dans le même cas. La forme également: dans la plupart des cas, le volume sporal est nettement oblong, surtout pour les macrospores; mais il peut arriver que le caractère soit moins net. L'ornementation enfin: on observe d'ordinaire quelques épines très saillantes, mais dispersées, sur le profil; mais il n'est pas rare de voir des spores de relief ornemental nettement moindre. Le cas extrême de variation nous a été fourni par une sporée que Mme LE GAL nous a transmise en provenance de la Laponie suédoise, environs d'Abisko, où l'espèce est très répandue sous Betula pubescens var. tortuosa. Toutefois, cette race différait un peu de la forme française par des colorations plus pâles. Or, la spore est à la fois plus ronde, verruculeuse non épineuse - les ornements étant franchement bas - et beaucoup - moins réticulée-connexée (fig. 140, en haut), au point que sous le microscope on pouvait penser Ferreri ou à notre medullata, sans quil y ait toutefois identité d'aspect avec ces dernières. il se peut que R. aeruginea présente une race géographique arctique qui mériterait d'être décrite à part, si ces caractères sont constants.
Ce fait nous incite à donner séparément la description d'une de nos récoltes, faite à Dourdan (S.-et-O.), en compagnie de J. Blum, le 27 septembre 1952, et qui nous a aussi montré une spore (foncée) moins fortement ornementée que d'ordinaire (fig. 139). Cependant, les verrues présentent plus de relief que dans la race lapone, et le volume est plus allongé. Sans doute a-t-on affaire à un individu intermédiaire, d'autant plus intéressant cependant qu'il présentait aussi un chapeau très pâle.
Chapeau 4,5 cm, charnu, assez ferme, étalé et régulièrement orbiculaire, largement, mais pic' très profondément déprimé au centre, à marge obtuse, à peine un peu cannelée, de couleur pâle d'un brunâtre légèrement teinté de verdâtre (surtout au bord). Stipe 6 X 1,1 cm, légèrement dil2.:e en haut et atténué en bas, presque égal, plein, blanc, nettement sali de brun.
Chair épaisse, assez quoique cassante, blanche, puis brunissante (plutôt que jaunissante); odeur faible; saveur un peu âcre dans les lames. FeSO4: rosé grisâtre (moyen). Lamelles assez serrées, régulières, avec quelques furcations près du stipe, adnexées un peu décurrentes, obtuses en avant, un peu arquées, larges de 4-5,2 mm, paille clair, avec quelques reflets ocres, à arête brunissante, très finement inter-veinées. Sporée II d (amoena foncée). Spores 6,2-8,2-(9,2) x 5-6,5 µm, à verrues moyennes, assez souvent reliées par des connexifs très fins. Basides 32-42 x 8-9,5 µm. Cystides subfusiformes, un peu appendiculées ou capitées, 72-80 x 9-12 µm. Épicutis à poils grêles, les uns à parois assez rapprochées, à terminaison obtuse, les autres (rares) allongés et grêles et pouvant être atténués progressivement de bas en haut; dermatocystides cylindracées, obtuses. Médiostrate des lames atteignant 55 µm, lâches, réfringents; sous-hyménium assez confus, celluleux, étroit, brusquement différencié. - Sous bouleaux, en terrain siliceux.
Nous n'avons pas encore réussi (peut-être faute d'une attention suffisante) à établir une concomitance quelconque entre les divers caractères en cause, ni entre ceux-ci et l'aspect macroscopique ou l'habitat. Il est difficile d'être sûr que les formes des bois de conifères, où presque toujours on observe des bouleaux à proximité, soient réellement liées à ces essences. D'ailleurs, chose remarquable, les trois arbres sous lesquels nous avons observé R. aeruginea, bouleau, épicéa et pin, sont précisément aussi ceux avec lesquels il a été prouvé expérimentalement qu'Amanita muscaria peut entretenir
des relations mycorhiziques. Il n'est donc pas étonnant que notre Russule présente une écologie semblabe.
 
Description type:Non-original description 
Description:Russula aeruginea Lindbl. ex Fr.
Chapeau 4-8-(14) cm, ferme, charnu rigide, puis devenant assez cassant, d'abord convexe, puis convexe plan et étalé, avec le milieu déprimé, puis subcyathiforme et même parfois avec en outre un ombilic au milieu de la dépression, régulier ou un peu montueux çà et là, à marge obtuse, droite, unie, puis un peu cannelée, mais en général faiblement et peu évidemment, d'un vert très variable, mais non franchement assombri de gris, n'ayant jamais de colorations violettes, K 193, 197 (avec panachures plus foncées), K 242, aussi avec le bord plus clair K 253 B, parfois pâle, ochracé sale, ou encore d'un brun à peine lavé d'olivâtre, en général avec le centre plus foncé (K 185, 259) ou au contraire plus ou moins décoloré, souvent tacheté çà et là de macules rouillées; cuticule longuement séparable (sur un tiers à un demi), visqueuse et brillante par l'humidité, assez nette­ment rugueuse-réticulée radialement, mais quelquefois aussi à peu près lisse.
Stipe 5-8 x 0,8-2 cm, assez ferme ou ferme tant qu'il est intact, égal, puis s'évasant en haut, cylindracé ou souvent atténué à la base, plein puis creux par les larves, blanc, un peu jaunissant ou taché de brun rouillé, de brun jaune, surtout à la partie inférieure, à surface finement rugueuse, lustrée-brillante.
Chair épaisse, longtemps ferme, puis cassante, blanche, tendant à jaunir ou à brunir; odeur faible, négligeable. Saveur douce ou plus ou moins piquante, en particulier dans les lames. Réaction gris rosâtre, d'intensité moyenne, au FeSO4.
Lamelles minces et serrées, puis plus espacées et plus épaisses, avec quelques furcations, surtout près du stipe, mais parfois aussi jusqu'à mi-hauteur, fragiles-cassantes, atténuées-décurrentes ou sinuées-libres, obtuses en avant, plus ou moins ventrues, larges de 3,5-8 mm, blanc d'ivoire, puis prenant des reflets ochracés ou abricot, à arête entière et concolore, souvent à taches brun roux. Sporée crème, tantôt II b, tantôt II c (et même d ?).
Spores de taille variable (5,7)-6-8,5-10 x (4,7)-5-6,7 µm, ellip­tiques ou nettement allongées, surtout les plus grosses (certaines spores anormales peuvent même être réniformes), verruculeuses à pustuleuses, piquetées à localement zébrées (rarement subréti­culées localement), connexées; verrues arrondies ou parfois rectan­gulaires, souvent plus ou moins grosses, atteignant 0,5-0,6 µm, rarement plus; connexifs très fins droits, rares dans certaines formes (v. ci-dessous, forme de Laponie); appendice hilifère conique ou arrondi, obtus, 1-1,5 µm: plage supra-appendiculaire le plus souvent nette, avec petite tache ou tache nette et arrondie. Basides 38-45,x 6,5-8 µm. Cystides 50-82 x 7,5-12 µm, cylindracées à subfusiformes, obtuses ou munies d'un appendice ou capitule au sommet.
Cuticule constituée par des hyphes grêles, avec quelques grains sombres de pigment, émettatun épicutis de poils les uns ramifiés et à cloisons assez rapprochées, assez obtus au bout, les autres, allongés, à cloisons très distantes, étroits, 2,5-4,5 µm de large, avec des dermatocystides peu volumineuses, cylindriques, obtuses ou fréquemment capitulées, larges de 4,5-7 µm.
Habitat: Pas rare sous les bouleaux, les pins, les épicéas. Connue de presque toute l'Europe, mais certainement beaucoup plus répandue dans les pays du Nord que dans ceux du Midi. Dans la région parisienne, elle n'est pas très commune; nous la connaissons des forêts d'Armainvilliers, de Fontainebleau (S.-et-M.), de Carnelle, de Marly (S.-et-O.), de la Haute-Pommeraie (Oise), etc. Nous l'avons aussi trouvée dans le Perche et en Bretagne. - Type: n° 52-223.
 
Taxon name: