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 Add this item to the list  Russula badia Quélet
   
Literature:
 
Page number:460 
Remarks (public):L'espèce est facile à reconnaître par sa saveur lentement brûlante, sa sporée relativement foncée, oscillant entre les ocres et les jaunes, son stipe souvent rose, ses colorations rouge sombre, sa ten-dance au jaunissement.
Elle est assez difficile à classer: à cause de la couleur des spores, Singer l'a mise dans les Rubrinae, mais nous ne pouvons admettre un tel rapprochement, puisque nous croyons avoir démontré l'affinité de rubra (qui d'ailleurs grisonne) avec les Lepidinae. Les seules sections qui puissent la recevoir sont les Urentinae et les Sardoninae: son intérêt taxinomique réside même dans le fait que c'est le seul " pont" qui semble exister entre ces deux groupes. On peut en effet la confondre sur le terrain soit avec integra, donc avec adulterina qui elle-même ressemble étrangement à cette dernière, soit, comme Singer, cette fois avec beaucoup de raison, l'a signalé lui-même, avec sardonia. Les hésitations sont d'autant plus permises que la couleur de la sporée est un peu trop foncée pour le gros des Sardoninae, et beaucoup trop claire pour les Urentinae. La rigidité, le stipe rose, le jaunissement s'accordent cependant mieux avec les premières, et c'est pourquoi nous adoptons cette solution, d'autant que nous ne l'avons toujours vue que sous résineux. Toutefois, Singer déclare qu'elle existerait aussi sous feuillus, bouleaux, charmes. L'exactitude de la détermination serait à contrôler.
Nous avons examiné une douzaine de sporées, de provenance diverse, de R. badia, et nous avons été frappé par l'extrême variabilité de la taille, de la forme, de la saillie des ornements et de leur nature. Elle est même perceptible au sein d'une même sporée, où l'on observe quelques individus aberrants, qui pourraient passer au premier abord pour des spores étrangères égarées là, si le fait ne se répétait constamment. Nous n'avons pas l'impression qu'on puisse tenter avec succès une pulirisation de cette espèce, bien fixée en revanche macroscopiquement; mais comme elle ne pousse pas couramment dans nos terrains ordinaires d'exploration, nous devons faire une réserve. A noter seulement que la seule récolte faite par nous-même dans l'Ile-de-France avait une sporée plus claire que celles de l'Ouest ou de l'Est de notre pays et une ornementation sporale un peu différente au point que nous nous demandons si cette récolte ne devrait pas être rattachée à fuscorubra.
 
Description type:Non-original description 
Description:Russula badia Quélet
Chapeau 7-11 cm, charnu, rigide, presque dur, d'abord convexe, puis étalé et largement creusé en soucoupe, ou avec au milieu une faible dépression (parfois un peu excentrique), à marge étroitement arrondie, d'abord unie, puis obscurément et courtement cannelée (par exemple sur 5-10 mm); rouge vif et sombre (cramoisi) (K 28 ou avec une nuance K 26, ou entre K 29 et 4, R I, 3 k, Gamet brown ou entre ce dernier et Moroco red, donc 4 k), pourpre noir (K 5, R XIII, 3' m, Diamine brown) ou plus violet vers la périphérie (R XIII, l' m, Hay's marroon), violet sombe (K 580), roux foncé à pourpre cuivré (K 78, 33), rouge assez foncé (K 38, R XIII, 3' i, Pompeian red) avec le centre sombre (K 3 ou 4; R I, l m, Victoria lake ou 5 m, Claret brown, XIV 7' m. liver brown), plus rarement plus clair dans la dépression ou avec des taches brusquement décolorées ou même jaunâtres ou pâles; cuticule mince, séparable tantôt seulement au bord, tantôt jusqu'à la moitié du disque, mais toujours adnée au milieu, visqueuse par la pluie, mais devenant chagrinée-­ponctuée s.l. au centre, et, par le sec, plus ou moins veloutée ou mate, quelquefois même assez grossièrement rugueuse sur le pourtour, et pouvant présenter des éraflures superficielles ménageant des taches pâles, ou des plaques écailleuses-furfuracées qui roussissent lorsqu'elles sont sur les zones pâles,.
Stipe 5-11 x 1-1,7-2,6 cm, évasé en haut, cylindrique ou plus ou moins épaissi-clavé à la base, parfois un peu arqué, plein, dur, puis farci, blanc ou teinté de rose ou de rose rouge (K 3 B, C), et tendant à jaunir plus ou moins ou à se tacher de brun à la base; surface le plus souvent forte­ment ridée ou parfois même rugueuse, en particulier sous les lames oÀ¹ l'on peut observer quelques veines en relief (qui ne prolongent d'ailleurs nullement les lamelles), et en outre fortement pruineuse en cet endroit.
Chair rigide ou presque dure, épaisse, surtout au centre (amincie au bord), blanche, mais en général rougeâtre sous le revêtement piléique, tendant quelque peu à jaunir, surtout dans les zones d'érosion du chapeau, mais en général discrètement. Odeur faible, mais il arrive (surtout sur les sujets montagnards) que les lames dégagent occasionnellement une odeur très nette d'huile de cèdre; ce caractère n'est cependant pas constant. Saveur d'abord douce, puis devenant, au bout d'un temps quelquefois relativement long, d'une âcreté insupportable (Melzer et Zvara disent que c'est la plus brûlante des Russules). Réaction lente à la teinture de Gaïac. Toutefois, sur les vieux sujets ou ceux qui ont été cueillis depuis un certain temps, l'âcreté de la chair peut s'atténuer tellement qu'elle fait hésiter le déterminateur.
Lamelles minces, puis plus épaisses, d'abord plus ou moins serrées, puis s'espaçant (on en compte par exemple une dizaine par cm à 1 cm du bord, ou encore leur distance à la marge piléique est d'1,5 mm), assez souvent fourchues ou connées par la base, surtout près du stipe, mais aussi parfois jusque vers le bord du chapeau, arrondies libres, presque sinuées à l'insertion, un peu entrues, subobtuses en avant, d'abord paille clair, pâle jaunâtre, puis jaune d'ocre, jaune de beurre clair (K 146 plus jaune, vers 171; ou encore K 153 C vues de flanc, 171 vues de face), à aréte entière et concolore ou un peu rouge près du chapeau, en général très visiblement, mais finement interveinées, de consistance un peu lardacée, ne se brisant pas facilement.
Sporée variant de l'ocre foncé (III d) au jaune clair (IV a).
Spores fort variables selon les récoltes, 8-11 x 6,5-8,25 µm, obovales ou elliptiques, et parfois assez oblongues, typiquement cristulées à imparfaitement réticulées-connexées, à verrues hémi­sphériques et obtuses à assez aiguës ou aiguës, hautes en général de 0,75-1 µm au plus, incomplète­ment amyloïdes, reliées soit par des crêtes assez grosses, longues, soit, par de fins connexifs, parfois nombreux; d'autres au contraire piquetées verruculeuses, à verrues tout au plus alignées, petites, variables de taille, atteignant 0,5 µm, nombreuses; d'autres, dont une forme à sporée claire, un peu intermédiaires, piquetées légèrement cristulées, assez brièvement échinulées, à épines relativement petites, atteignant 0,9 µm, obtuses ou aiguës, incomplètement amyloïdes, avec crêtes peu nombreuses, assez vagues, et connexifs fins et rares, beaucoup de verrues étant isolées; ces variations peuvent s'observer parfois dans une même sporée; appendice hilifère 1,5-1,75 x 1,25-1,5 µm; tache supra-appendiculaire 2,5-3,5 µm, généralement arrondie, à bord diverticulé ou rayonnant ou même verruculeux, assez à nettement amyloïde.
Basides volumineuses, 43-57 x 10-14 µm.
Cystides faciales pas toujours très nombreuses, parfois même rares, fusiformes, avec un appendice polymorphe ou une petite tête arrondie au sommet, 60-92-150 x 8,5-12 µm, entièrement grises en SV.
Cuticule serrée d'hyphes grêles, épaisse, avec dans la zone profonde quelques laticifères étroits, dispersés; pigment difficile à faire précipiter par plasmolyse; épicutis de poils capilliformes, obtus, très grêles (1,7-2,7 µm), entremêlés de grosses dermatocystides obtuses, cylindriques ou claviformes, larges de 5-10 µm, souvent pluriseptées mais pas constamment, fragiles. Sous-hyménium épais, séparé par des hyphes hyménopodiales cylindriques, plus ou moins distinctes du médio­strate dont les sphérocystes ne sont pas très réfringents, et mesurent par exemple 15-30 µm, de diamètre.
Habitat: Dans les bois de conifères, pins, épicéas. Europe, Caucase.
 
Taxon name: