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 Add this item to the list   Russula rhodella Gilbert
   
Literature:
 
Page number:630 
Remarks (public):Cette Russule est tellement voisine de Velenovskyi (elle a exactement sa couleur et une structure cuticulaire très voisine, avec ses longues dermatocystides, ses poils à article terminal renflé fréquemment vers le milieu et atténué en haut) que nous ne sommes pas du tout sûr qu'elle en soit spécifiquement différente. Gilbert lui-même en convenait; d'ailleurs, il nous a à plusieurs reprises donné comme rhodella des spécimens recueillis en 1942-44, et qu'un examen comparatif ultérieur nous a permis de rapporter sans l'ombre d'un doute à des formes mineures de Velenovskyi, à cause de leurs spores un peu plus grosses, moins fortement et plus confusément ornementées.
Cependant, d'après le texte de Gilbert, et la récolte ci-dessus décrite, que nous avons faite dans la localité originale (mais à 1 km environ de la station type), il semble que la Russule figurée et décrite par Gilbert ait un port plus svelte, une consistance plus fragile, une tendance plus marquée au jaunissement, de petites spores à épines parfois remarquablement longues par rapport à la taille du sporoide et des dermatocystides plus cloisonnées. Les formes naines de Velenovskyi ont au contraire en règle générale, un port qui reste assez trapu. Quant aux réactions chimiques négatives signalées par Gilbert il s'agit évidemment d'une erreur.
Nous n'avons relevé aucune incrustation sur les dermatocystides après traitement à la Fuchsine, et ce fait suffirait à établir l'indépendance spécifique de rhodella, mais, malheureusement, nous n'avions réalisé cet examen que sur des sujets recueillis depuis 48 heures, donc insuffisamment frais pour que nous puissions garantir la validité de cette différence. Et cela d'autant plus que la morphologie des dermatocystides et celle des poils du chevelu sont analogues. Mais nous avons renouvelé cette observation sur notre récente récolte de 1965. Quant à l'ornementation sporale, la différence n'est pas telle qu'on puisse la considérer comme absolument décisive.
Il serait sans doute préférable de la mettre aux côtés de Velenovskyi, parmi les Coccineae-Paludosinae.
Il se peut d'autre part que Melzer et Zvara aient compris cette espèce dans leur R. venosa, du moins si l'on s'en rapporte à la fig. 4 d, donnée par Melzer dans le Bulletin de la Société Mycoque de France, T. 50, car jamais nous n'avons vu de venosa-nitida-sphagnophilla avec un chapeau d'un rouge aussi pur. Cependant il serait curieux que ces auteurs n'eussent pas été arrêtés par la taille beaucoup plus petite de la spore, si bien que l'on ne saurait sur ce point se prononcer en toute, certitude.
La R. humidicola au sens de J. Blum est voisine, quoique la taille du carpophore soit beaucoup plus grande, et que les épines des spores soient plus fréquemment réunies par de fins connexifs. Voici description de Blum, qui a d'ailleurs adopté pour elle le nom de rhodella en 1963.
Espèce moyenne, de 5-9 cm, fragile. Chapeau à centre déprimé, mais un peu mamelonné, à marge très striée et vite retournée, d'un beau rose rouge, rose saumon ou un peu vermillon, à cuticule séparable. Stipe très long, près de deux fois le diamètre du chapeau, un peu renflé en bas, cuticule en haut, blanc. Chair douce et inodore. Réaction presque nulle à la teinture de Gaïac, assez orange au FeSO4. Lamelles serrées, libres, peu larges, d'un jaune très clair. Sporée crème moyen, comme sardonia (vers III a). Spores assez petites, vers 8 µm, à épines vers 0,7 µm, très finement reliées (c'est-à-dire connexées), un peu comme chez brunneoviolacea, en plus bas, sans réseau absolument complet. Cuticule avec de longues dermatocystides cylindracées non incrustées, réagissant nettement en SV, vaguement septées, larges de 4-6 µm. - Sous pins et châtaigniers, dans la mousse, - L'examen du type confirme l'affinité avec rhodella.
 
Description type:Non-original description 
Description:Russula rhodella Gilbert
1o Description d'après le texte et la planche de Gilbert
Chapeau (2)-3,5-4,5 cm, très peu charnu, fragile, convexe, puis étalé et à centre un peu déprimé, ­à marge droite, très mince, d'abord unie, puis striolée (c'est-à-dire cannelée); rouge cuivré purpuracé (Oberthur 108, 1-2), un peu carmin violacé étant humide, puis ochracé-orangé au centre; cuticule entièrement séparable, visqueuse et brillante, puis sèche et un peu mate.
Stipe 4-5 x 0,5-0,8 cm, en haut fragile, subcylindrique, mais un peu gonflé dans sa partie inférieure (jusqu'à 1 cm), plein, à chair spongieuse, blanc, très rarement un peu rosé, à peine un peu jauni vers la base, à surface sèche, lisse.
Chair mince, fragile, blanche, rosée sous la cuticule. Odeur insensible. Saveur douce.
Lamelles serrées, minces, très fragiles, égales, sans furcations, un peu arrondies à la marge, atténuées-sublibres vers le stipe, larges de 4-5 mm, blanches, puis crème, à la fin crème ocré (Oberthur 36, l, jaune maïs, mais plus ocré), à arête régulière, non interveinées.
Sporée crème ocré (Oberthur 36, 2, un peu plus ocré, donc vers III b).
Spores petites, 6,5-7,5 x 5-6,2 µm, obovales-arrondies, piquetées, souvent fortement spinuleuses, avec quelques rares connexifs; verrues souvent fortes, et même très fortes par rapport à la taille du sporoïde, atteignant 1,12 µm de long (mais certaines spores les montrent seulement de 0,7 µm en moyenne), assez obtuses à subaiguës, complètement amyloïdes ou non; appendice hilifère proémi­nent, 1,25-1,62 x 0,87-1,12 µm; tache supra-appendiculaire arrondie, parfois plus ou moins vague, mesurant par exemple 2,5 µm, verruqueuse, surtout au bord, nettement amyloïde.
Basides claviformes, tétrasporiques, 37 x 10 µm (planche).
Cystides polymorphes, claviformes, obtuses, avec ou sans appendice ou petit capitule, environ 44-50 x 6-9 µm (planche).
Cuticule et stipe montrant des dermatocystides claviformes, obtuses, polymorphes.
Habitat: En petites colonies, dans l'humus, dans une hêtraie. Forêt de Coye (Oise), récolte type faite le 14 août 1927. D'autres récoltes auraient été faites dans la même localité les années suivantes par Gilbert.

Description de nos récoltes personnelles
Chapeau 3,5-4,5 cm, charnu, étalé, largement déprimé au centre, à marge obtuse, arrondie, très faiblement cannelée, d'un rouge cuivré exactement comme chez R. Velenovskyi, légèrement plus pâle (ochracé ou crème) au centre avec parfois des macules pourpres; cuticule visqueuse par la pluie.
Stipe long et svelte, 4,7-5,5 x 0,8 cm, cylindrique, faiblement évasé sous les lames, égal ou un ­peu atténué en bas, se creusant, blanc, mais nettement jaunissant à la pointe dans la vieillesse; surface finement ridée.
Chair assez mince, fragile, blanche, jaunissant un peu. Odeur nulle. Saveur douce. Réaction énergique à la teinture de Gaïac.
Lamelles assez serrées, fragiles, assez minces, guère fourchues, atténuées-libres vers le stipe obtuses en avant, larges de 4,5 mm, d'un ochracé pâle, à arête entière et concolore, finement interveinées.
Sporée ocre clair, III a ou vers b.
Spores 6,5-7,5-(8) x 5,5-6-(6,5) µm, les plus petites arrondies, les plus grosses oblongues fortes épines relativement très saillantes, le plus souvent isolées.
Basides 35-45 x 8-11 j..l (sur exsiccata).
Cystides fusiformes, larges de 7,5-10 j..l environ, souvent pourvues d'une longue pointe '..:!exsiccata).
Épicutis de poils ayant tendance à se montrer ampullacés vers le milieu ou la base, ou encore avec étranglements assez marqués en certains points, à article terminal souvent long (pas toujours, larges de 2,5-4,5 µm, avec des dermatocystides pluri- ou multicloisonnées bien caractérisées par leur contenu noircissant en SV, les unes filamentiformes, les autres (plus rares) claviformes, larges de 4-7,5 µm; pigment vacuolaire rouge abondant dans les hyphes, et jusque dans les dermatocystides. Le traitement à la fuchsine basique n'a laissé apparaître aucune incrustation sur les dermatocystides; toutefois, nous n'avons réalisé cette observation que sur des sujets un peu défraîchis, recueillis depuis deux jours, et nous ne pouvons être affirmatif.
Habitat: Dans les Leucobryum glaucum et Polytrichum formosum, en terrain siliceux, chênes, châtaigniers. Forêt de Coye, tout près de Coye-Ia-Forêt (Oise), à l'extrémité de la route de la Domesse, le 30 juillet 1950. Nous l'avons revue le 29 août 1965. - Type: n° 50-136.
 
Taxon name: