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Description type:Original description 
Description:Cantharellus decolorans Eyssartier & Buyck sp. nov. Figs. 1-4.
Holotypus : Buyck-Eyssartier-Moreau 97227 (PC).
Pileus (2) 6-15 mm, d'abord plan à marge rabattue puis nettement infundibuliforme, à marge seulement un peu brisée, irrégulière, ondoyeuse et plus ou moins cannelée cabossée par l'empreinte des lames; revêtement hirsute sur les primordia puis très rapidement sublisse, mat, d'un beau rose pâle (7A4; 7A5; 8A4), devenant entièrement jaune à jaune paille sale dans l'âge (env. 4A5) - on trouve aussi de petits exemplaires apparemment mal venus et stoppés dans leur croissance qui possèdent déjà cette couleur -, les basidiomes passant par différents états oÀ¹ les deux couleurs coexistent. Hyménophore constitué de plis irréguliers, espacés, fourchus anastomosés et épais, longuement décurrents, concolores au pileipellis et se décolorant de la même façon, à arête Obtuse concolore; l'hyménophore se détache généralement facilement de la chair du chapeau, au moins chez les plus gros exemplaires. Stipe (5) 10-15 x (0,5) 1-1,5 mm, égal, creux chez les plus gros exemplaires, très finement fibrilleux longitudinalement, concolore ou un peu plus foncé (7A6) et se décolorant comme les autres parties du basidiome. Chair très mince, concolore aux parties, à odeur et saveur très faibles, douces. Réactions macrochimiques nulles ou insignifiantes avec les réactifs suivants: KOH, sulfoformol, métol, AgNO3, phénolaniline, phénol, formol, sulfate de fer, teinture de gaiac, TL4.
Exsiccatum montrant un revêtement piléique et un hyménophore concolores, beige jaunâtre à jaunâtre pâle, le stipe étant clairement discolore et plus foncé, brun rougeâtre, orangé rougeâtre ou beige rosâtre.
Spores (6,5) 6,79-7,58-8,37 (9) x (5) 5,2-5,63-6,06 (6,5) µm Q = (1,08) 1,23-1,35-1,47 (1,67), courtement ellipsoïdes à subglobuleuses ou un peu ovoïdes de face, lisses, à cytoplasme assez dense, finement émulsionné ou parfois guttulé, jaunâtre pâle. Basides très variables de taille y compris dans un même basidiome, (42) 50-70 (95) x (7) 8-10 µm cylindro-clavées, optiquement vides ou finement guttulées, 5-6 sporiques. Trame lamellaire très réduite. Suprapellis un cutis d'hyphes de (4) 8-13 (15) µm diam., à extrémités libres nombreuses rarement un peu redressées, souvent courtes et plus ou moins articulées. Pigment majoritairement intracellulaire sous la forme d'un précipité jaunâtre qui brunit dans l'acide sulfurique à 80%, souvent accompagné d'un pigment pariétal lisse à plus ou moins incrustant par endroit. Boucles présentes dans toutes les parties du basidiome.
Matériel examiné : Province de Tamatave : station forestière de La Mandraka, forêt dense humide d'altitude, sous Uapaca densifolia, en troupe dans une souche creuse, 3-II-1997, Buyck-Eyssartier-Moreau 97227 (holotypus PC). Ibid., 14II-1997, Buyck-Eyssartier-Moreau 97494 (PC). Ibid., 20-II-1997, Buyck-Eyssartier-Moreau 97585 (PC), réserve biologique d'Andasibe, forêt dense humide d'altitude, en troupe dans un tronc creux de Pandanus, 13-II-97, Buyck-Eyssartier-Moreau 97463 (PC).
Distribution : endémique.
Observations : parmi les espèces affines, C. roseus (Schw.) Fr., espèce mal connue décrite de Caroline du Nord, en diffère au moins par son hyménophore "rugueux, blanc". C. carneoflavus décrite par Corner (1969) de Bornéo diffère par sa taille plus importante, sa chair immuable et ses spores nettement plus grandes.
C. omphalinoides Corner, C. diminutivus Corner et C. schmitzii Heinem., dont les basidiomes présentent une taille et une microscopie équivalentes, ne possèdent aucun pigment rose.
C. decolorans semble proche de C. rober, décrite par Heinemann (1966) du Zaire, à la fois par sa morphologie générale, sa décoloration, ses boucles abondantes et son pigment intracellulaire brunissant dans l'acide sulfurique. C. rober est cependant bien caractérisée par ses basidiomes beaucoup plus grands et de couleur différente, microscopiquement par ses spores nettement plus larges.
Il est intéressant de constater que nous avons toujours récolté cette espèce dans de vieilles souches partiellement détruites. La croissance et la fructification de champignons appartenant à des groupes réputés ectomycorhiziens sur le bois ou sur des débris végétaux ne sont pas exceptionnelles en régions tropicales humides. Elles ne sont même pas rares en régions arctiques (Buyck, obs. pers.). Indiquant probablement des capacités saprotrophiques accrues, ce phénomène mériterait de faire l'objet d'études approfondies.
 
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